Étudier un polynôme de degré deux
Quelle écriture choisir pour comprendre une parabole et résoudre une contrainte ?
Environ 35 minutes
- Reconnaître le degré et choisir une forme utile
- Utiliser les racines et la forme factorisée
- Étudier un signe et prendre une décision
Quelle écriture choisir pour comprendre une parabole et résoudre une contrainte ?
Les fonctions du second degré servent à représenter des variations qui ne sont pas constantes. Tu vas exploiter les carrés, les produits et la symétrie pour trouver des racines et étudier un signe. Le contexte économique proposé est fictif ; sa formule est une hypothèse de travail.
Reconnaître le degré et choisir une forme utile
Un polynôme de degré deux s’écrit f(x) = ax² + bx + c, avec a non nul. Les coefficients a, b et c sont des nombres fixés ; x est la variable. Le terme de plus haut degré est ax². Si a vaut zéro, la fonction n’est plus du second degré. Dans les problèmes, on rencontre plusieurs écritures d’une même fonction. L’objectif est de reconnaître celle qui rend la question facile, sans appliquer automatiquement une procédure générale de résolution.
La forme ax² montre directement le rôle du carré. Pour un réel x, x² est positif ou nul, et (−x)² = x². La courbe est symétrique par rapport à l’axe vertical x = 0. Si a est positif, le point d’abscisse zéro est le point le plus bas ; si a est négatif, il est le point le plus haut. La forme ax² + c ajoute c à toutes les images : elle déplace la courbe verticalement, tout en gardant le même axe de symétrie.
La courbe d’un polynôme du second degré est une parabole. Son sommet est le point où elle change de sens de variation. Si a est positif, elle descend jusqu’au sommet puis remonte ; si a est négatif, elle monte jusqu’au sommet puis redescend. Les mots minimum et maximum désignent la valeur extrême de la fonction ; les coordonnées du sommet comprennent aussi l’abscisse où cette valeur est atteinte. Le sens d’ouverture dépend du signe de a, pas du signe de c.
Vocabulaire
- Degré deux :
- Plus grande puissance de la variable égale à deux, avec coefficient non nul.
- Racine :
- Valeur de x pour laquelle le polynôme vaut zéro.
- Parabole :
- Courbe représentative d’un polynôme de degré deux.
- Axe de symétrie :
- Droite verticale qui partage la parabole en deux parties symétriques.
- Sommet :
- Point de la parabole situé sur cet axe, où une valeur extrême est atteinte.
Exemple résolu
Étudier f(x) = x² − 4 : trouver son sommet, ses racines et les valeurs de x pour lesquelles f(x) est négatif.
- Étape 1 : Le carré x² est minimal pour x = 0 ; f(0) = −4. Le sommet est donc S(0 ; −4).
- Étape 2 : La différence de carrés donne x² − 4 = (x − 2)(x + 2).
- Étape 3 : Le produit est nul si x = 2 ou x = −2.
- Étape 4 : Entre −2 et 2, x − 2 est négatif et x + 2 positif : leur produit est négatif.
Résultat : Les racines sont −2 et 2. Le sommet est S(0 ; −4). On a f(x) < 0 exactement sur ]−2 ; 2[.
Piège à éviter : Une valeur négative de f(x) n’interdit pas que x soit positif : pour x = 1, f(1) = −3.
À toi d'essayer
Pour h(x) = −2x² + 8, détermine le sommet et dis s’il correspond à un minimum ou à un maximum.
Voir la réponseMasquer la réponse
Le sommet est S(0 ; 8). Comme −2x² ≤ 0 pour tout x, h(x) ≤ 8. Il s’agit donc d’un maximum, atteint seulement en zéro.
Utiliser les racines et la forme factorisée
Une écriture a(x − r)(x − s) est une forme factorisée, avec a non nul. Les racines se lisent directement : r et s. Cela vient de la règle du produit nul, selon laquelle un produit de nombres est nul si et seulement si au moins un facteur est nul. Il ne faut pas confondre le signe écrit dans la parenthèse et la racine : le facteur x + 3 s’annule en −3. Pour vérifier une racine supposée, remplace x par cette valeur dans l’expression initiale.
Toutes les fonctions du second degré n’ont pas deux racines réelles distinctes. Par exemple, x² + 1 reste strictement positif et n’a aucune racine réelle. La fonction x² n’a qu’une racine distincte, zéro, présente deux fois dans x × x. Dans les cas étudiés ici, on exploite une factorisation fournie ou simple à trouver. Le discriminant n’est pas nécessaire. Une représentation ou un outil peut suggérer une racine ; seule la substitution dans l’expression permet de confirmer exactement la valeur proposée.
Connaître une racine aide parfois à factoriser par regroupement. Pour x² − 5x + 6, on vérifie que 2 est une racine : 4 − 10 + 6 = 0. On écrit ensuite x² − 2x − 3x + 6, puis x(x − 2) − 3(x − 2), soit (x − 2)(x − 3). Le choix du découpage permet de faire apparaître le même facteur. En redéveloppant, on contrôle que la nouvelle écriture correspond bien au polynôme de départ.
Exemple résolu
On donne p(x) = 2(x − 1)(x − 5). Trouver les racines, l’axe de symétrie et le sommet, puis développer.
- Étape 1 : Le produit s’annule pour x = 1 et x = 5.
- Étape 2 : Les deux points d’ordonnée zéro sont symétriques ; leur milieu a pour abscisse (1 + 5)/2 = 3.
- Étape 3 : p(3) = 2 × 2 × (−2) = −8. Le sommet est S(3 ; −8).
- Étape 4 : (x − 1)(x − 5) = x² − 6x + 5, donc p(x) = 2x² − 12x + 10.
Résultat : Les racines sont 1 et 5, l’axe est x = 3 et le minimum vaut −8. La forme développée est 2x² − 12x + 10.
Piège à éviter : Le milieu des racines donne l’abscisse du sommet, pas son ordonnée : il reste à calculer p(3).
On peut aussi repérer l’axe sans connaître les racines, en trouvant deux abscisses distinctes de même image. Pour q(x) = x² − 6x + 5, résoudre q(x) = 5 donne x² − 6x = 0, soit x(x − 6) = 0. Les abscisses 0 et 6 ont donc la même image. Leur milieu, 3, donne l’axe, puis q(3) = −4 donne le sommet. Cette démarche exploite la symétrie de la parabole ; elle ne suppose aucune formule à mémoriser pour l’abscisse du sommet.
À toi d'essayer
Un élève propose la factorisation x² + x − 6 = (x − 2)(x + 3). Vérifie cette écriture et donne les racines.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Étudier un signe et prendre une décision
Pour étudier un produit, ordonne ses racines sur une ligne puis détermine le signe de chaque facteur entre elles. Le facteur x − r est négatif avant r, nul en r, positif après r. Multiplie les signes et n’oublie pas le coefficient a. Lorsque les deux racines sont distinctes, a(x − r)(x − s) a le signe de a à l’extérieur des racines et le signe opposé entre elles. Aux racines, la valeur est zéro. Cette règle se comprend par le produit des signes, elle ne remplace pas leur vérification.
Si les deux racines coïncident, le polynôme s’écrit a(x − r)². Le carré ne change pas de signe lorsqu’on traverse r : le produit garde le signe de a de chaque côté et s’annule seulement en r. Il serait donc faux d’appliquer mécaniquement une alternance de signes à une racine double. Une inéquation large inclut les racines lorsque zéro convient ; une inéquation stricte les exclut. Enfin, les solutions doivent être intersectées avec le domaine de la situation.
Exemple résolu
Dans un atelier fictif, x désigne une quantité en centaines d’articles, avec 0 ≤ x ≤ 10. Le résultat, en centaines d’euros, vaut B(x) = −(x − 2)(x − 8). Déterminer les productions donnant un résultat strictement positif et le maximum.
- Étape 1 : Les racines sont 2 et 8. Entre elles, x − 2 est positif et x − 8 négatif.
- Étape 2 : Le produit des deux facteurs est négatif ; le signe moins devant le rend positif.
- Étape 3 : L’axe de symétrie a pour abscisse (2 + 8)/2 = 5.
- Étape 4 : B(5) = −3 × (−3) = 9. Le coefficient du terme x² est négatif, donc il s’agit d’un maximum.
Résultat : Le résultat est strictement positif pour 2 < x < 8, soit entre 200 et 800 articles exclus. Le maximum du modèle vaut 900 € pour 500 articles.
Piège à éviter : Les unités sont des centaines : annoncer un bénéfice maximal de 9 € confondrait la valeur numérique et l’unité de la grandeur.
À toi d'essayer
Une parabole de la forme f(x) = a(x − 1)(x − 5) passe par le point (0 ; 10). Détermine a, puis le signe de f entre 1 et 5.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Relier forme, graphique et argument
Choisis la forme adaptée à la demande. Pour calculer l’image de zéro, la forme développée donne immédiatement c. Pour résoudre f(x) = 0 ou étudier le signe, la forme factorisée est souvent la plus utile. Pour comprendre la symétrie, compare des valeurs de part et d’autre de l’axe. Pour conclure sur un maximum dans une situation de gestion, vérifie que le sommet appartient au domaine ; sinon l’extrémum sur le domaine peut être atteint à une borne.
Un tableau de valeurs peut servir de contrôle. Pour p(x) = 2(x − 1)(x − 5), les images de 2 et 4 valent toutes deux −6, de part et d’autre de l’axe x = 3. Cette égalité est cohérente avec la symétrie. Toutefois, une liste finie d’images ne démontre pas à elle seule la forme générale de la courbe. Une fonction définie par une autre expression pourrait partager ces valeurs ; ici, c’est la connaissance du polynôme qui justifie la parabole.
Au bac : étudier un polynôme sans recette automatique
- Identifier le coefficient dominant, le domaine et les unités.
- Utiliser la forme fournie ; vérifier une racine par substitution.
- Ordonner les racines et justifier le signe par celui des facteurs.
- Déterminer l’axe et l’image du sommet si la question porte sur les variations ou un extrémum.
- Conclure avec un intervalle correct, puis convertir les unités du contexte.
Erreurs fréquentes : oublier a, inverser le signe d’une racine, traiter une racine double comme deux seuils distincts, inclure les bornes d’une inégalité stricte, ou donner l’abscisse du sommet à la place de la valeur maximale.
Bilan des raisonnements
| Situation | Outil et précaution |
|---|---|
| Forme développée | Coefficient dominant et image de zéro. |
| Forme factorisée | Racines et signe. |
| Deux images égales | Milieu des abscisses pour repérer l’axe. |
| Sommet et domaine | Valeur extrême et pertinence dans la situation. |
Pour poursuivre, ouvre S’entraîner à l’adresse /exercices.
À retenir
- Le coefficient de x² doit être non nul pour obtenir un polynôme de degré deux.
- Une racine est une abscisse où la fonction s’annule.
- Deux racines distinctes sont symétriques par rapport à l’axe de la parabole.
- Le signe du coefficient dominant détermine le sens d’ouverture.
Fiche de révision
Pour ax² + c, le sommet est (0 ; c) ; le signe de a dit si c est minimal ou maximal.
Dans a(x − r)(x − s), commence par ordonner r et s.
Si r et s sont distincts, le signe intérieur est opposé à celui de a ; les bornes donnent zéro.
Pour trouver l’ordonnée du sommet, calcule l’image de son abscisse.
Un résultat en centaines d’euros doit être multiplié par cent avant de conclure en euros.
Questions fréquentes
Deux racines suffisent-elles à connaître la fonction ?
Non. Les fonctions (x − 1)(x − 5) et 2(x − 1)(x − 5) ont les mêmes racines, mais des images différentes ailleurs.
Faut-il toujours développer ?
Non. Développer peut masquer des racines faciles à lire. Choisis l’écriture qui répond à la question et contrôle les transformations par le calcul.
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