Étudier un polynôme de degré trois

Comment trouver les zéros et le signe d’une expression cubique sans méthode compliquée ?

Environ 35 minutes

  • Comprendre le cube et les formes simples
  • Lire et vérifier les racines d’un produit
  • Construire le signe et résoudre une contrainte
Sommaire
  1. Comprendre le cube et les formes simples
  2. Lire et vérifier les racines d’un produit
  3. Construire le signe et résoudre une contrainte
  4. Vérifier sans confondre signe et variations

Comment trouver les zéros et le signe d’une expression cubique sans méthode compliquée ?

Le cube prolonge le travail sur les puissances, mais il ne se comporte pas comme le carré. Tu vas étudier des formes simples et des produits de facteurs pour lire des racines, construire un signe et résoudre une contrainte. L’exemple d’indicateur est un modèle fictif.

Comprendre le cube et les formes simples

Le cube d’un nombre x est le produit de trois facteurs égaux à x : x³ = x × x × x. Le cube conserve le signe de x. Ainsi, 2³ = 8 et (−2)³ = −8. Cette propriété distingue le cube du carré, qui est toujours positif ou nul. Le seul nombre dont le cube vaut zéro est zéro. Les parenthèses sont utiles pour remplacer x par un nombre négatif sans perdre son signe dans le calcul.

La fonction cube x ↦ x³ est strictement croissante sur les réels. Quand l’entrée augmente, son cube augmente aussi. Deux nombres différents ne peuvent donc pas avoir le même cube. La courbe passe par l’origine et présente une symétrie centrale par rapport à celle-ci : changer x en −x change le signe de l’image. Il ne s’agit pas d’une symétrie par rapport à l’axe vertical, contrairement à la fonction carré. Les valeurs négatives ne doivent pas être effacées du graphique.

Le cube conserve le signe de l’entrée. Les points de coordonnées opposées sont symétriques par rapport à l’origine.

Dans f(x) = ax³, le coefficient a est non nul. Si a est positif, la multiplication conserve l’ordre des images : f est strictement croissante. Si a est négatif, l’ordre est inversé : f est strictement décroissante. Ajouter un nombre b dans ax³ + b déplace toutes les images de b sans changer le sens de variation. Le point de coordonnées (0 ; b) appartient à la courbe. Il n’est pas un maximum ou un minimum, puisque la fonction reste strictement monotone.

Vocabulaire

Cube :
Produit d’un nombre par lui-même trois fois.
Polynôme de degré trois :
Expression dont le terme de plus haut degré est ax³ avec a non nul.
Racine :
Valeur de la variable qui annule le polynôme.
Forme factorisée :
Écriture sous forme de produit de facteurs.
Symétrie centrale :
Correspondance de deux points dont un point fixe est le milieu.

Exemple résolu

On considère f(x) = −2x³ + 16. Calculer f(−1), trouver une racine simple à reconnaître et déterminer le signe de f.

  1. Étape 1 : f(−1) = −2 × (−1) + 16 = 18.
  2. Étape 2 : f(x) = 0 équivaut à x³ = 8, donc x = 2.
  3. Étape 3 : La fonction cube est strictement croissante ; multiplier par −2 inverse l’ordre.
  4. Étape 4 : f est donc strictement décroissante et passe par zéro en 2.

Résultat : f(−1) = 18. La seule racine est 2 ; f(x) est positive pour x < 2, nulle en 2 et négative pour x > 2.

Piège à éviter : Le coefficient négatif inverse l’ordre : recopier le signe de x³ − 8 donnerait ici le résultat contraire.

À toi d'essayer

Pour g(x) = 3x³ − 24, calcule g(0) et g(2), puis donne son sens de variation.

Voir la réponse

g(0) = −24 et g(2) = 3 × 8 − 24 = 0. La fonction est strictement croissante puisque le coefficient 3 est positif ; le terme −24 ne change pas les variations.

Lire et vérifier les racines d’un produit

Une expression a(x − r)(x − s)(x − t), avec a non nul, est un polynôme de degré trois. Le développement comporte un terme ax³. Ses racines sont les valeurs qui annulent au moins un facteur : r, s et t. Ces valeurs peuvent être distinctes ou répétées. Il n’y a pas ici de méthode générale de résolution d’une équation quelconque du troisième degré. On exploite la forme simple donnée, un facteur commun ou une identité directement vérifiable.

Un facteur x correspond à la racine zéro. Par exemple, x³ − 4x = x(x² − 4), puis x(x − 2)(x + 2). On a mis x en facteur, puis utilisé une différence de carrés. Les racines sont −2, 0 et 2. Pour vérifier la factorisation, on peut redévelopper : (x − 2)(x + 2) = x² − 4, puis multiplier par x. Substituer chaque racine dans la forme initiale permet également de contrôler les résultats.

Un polynôme de degré trois n’est pas nécessairement monotone. Les trois passages par zéro séparent les zones de signes différents.

Exemple résolu

Factoriser p(x) = x³ − 4x, trouver ses racines et vérifier le signe de p(−1) et p(1).

  1. Étape 1 : Mettre x en facteur : p(x) = x(x² − 4).
  2. Étape 2 : Factoriser la différence de carrés : p(x) = x(x − 2)(x + 2).
  3. Étape 3 : Annuler chaque facteur donne 0, 2 et −2.
  4. Étape 4 : p(−1) = −1 + 4 = 3 et p(1) = 1 − 4 = −3.

Résultat : Les racines sont −2, 0 et 2. Le polynôme est positif en −1 et négatif en 1. Ces deux images montrent déjà qu’il n’est pas croissant sur tous les réels.

Piège à éviter : Le degré trois ne suffit pas à conclure à la croissance : seule la fonction cube et certaines formes particulières ont cette propriété directement.

Le signe d’une racine ne se lit pas comme le signe imprimé dans une parenthèse. Pour x + 2, l’équation x + 2 = 0 donne −2. Un coefficient placé devant le produit ne change pas les racines s’il est non nul, mais il peut changer le signe du polynôme. Les expressions p(x) et −p(x) s’annulent donc aux mêmes endroits ; leurs courbes sont symétriques par rapport à l’axe horizontal. Connaître les racines seules ne détermine pas ce coefficient.

À toi d'essayer

Un élève écrit x³ − 9x = x(x − 3)(x − 3). Corrige la factorisation et donne les racines.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Construire le signe et résoudre une contrainte

Pour déterminer le signe d’un produit de trois facteurs, commence par classer les racines. Elles découpent la droite réelle en intervalles. Sur chacun, donne le signe de chaque facteur, puis compte les facteurs négatifs. Un nombre pair de facteurs négatifs donne un produit positif ; un nombre impair donne un produit négatif. Le coefficient a intervient lui aussi dans ce calcul. Aux racines, le produit vaut zéro, indépendamment du signe des autres facteurs.

Pour p(x) = x(x − 2)(x + 2), les racines ordonnées sont −2, 0 et 2. Avant −2, les trois facteurs sont négatifs : p est négatif. Entre −2 et 0, x et x − 2 sont négatifs, x + 2 positif : p est positif. Entre 0 et 2, seul x − 2 est négatif : p est négatif. Après 2, tous les facteurs sont positifs. Cette justification vaut sur chaque intervalle entier, contrairement à un simple calcul en un point.

Si une racine est répétée deux fois, son passage ne provoque pas forcément de changement de signe. Dans h(x) = (x − 1)²(x + 2), le carré est strictement positif sauf en 1, où il s’annule. Le signe de h est donc celui de x + 2 en dehors de 1. On obtient une valeur négative avant −2, zéro en −2, des valeurs positives après −2 sauf zéro en 1. Une règle d’alternance appliquée sans examiner les facteurs serait fausse.

Exemple résolu

Dans un modèle fictif, un indicateur vaut R(x) = (x − 1)(x − 3)(x − 5) pour 0 ≤ x ≤ 6. Déterminer les valeurs de x pour lesquelles R(x) ≥ 0.

  1. Étape 1 : Les racines ordonnées sont 1, 3 et 5.
  2. Étape 2 : Sur [0 ; 1[, les trois facteurs sont négatifs, donc le produit est négatif.
  3. Étape 3 : Sur ]1 ; 3[, deux facteurs sont négatifs : le produit est positif. Sur ]3 ; 5[, un seul l’est : le produit est négatif.
  4. Étape 4 : Sur ]5 ; 6], tous les facteurs sont positifs. Les trois racines donnent zéro et sont admises par ≥.

Résultat : Sur le domaine imposé, l’ensemble des solutions est [1 ; 3] ∪ [5 ; 6]. Le symbole ∪ signifie que l’on réunit les deux intervalles.

Piège à éviter : Oublier le domaine ferait prolonger la seconde plage au-delà de 6, alors que le modèle n’y est pas déclaré valable.

À toi d'essayer

Une courbe a pour expression k(x + 1)(x − 2)(x − 4). Elle passe par (0 ; −16). Retrouve k, puis détermine le signe du polynôme pour x > 4.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Vérifier sans confondre signe et variations

Le signe indique si l’image est positive, négative ou nulle. Les variations indiquent comment les images se comparent lorsque x augmente. Dans la deuxième figure, la courbe reste positive sur ]−2 ; 0[ mais commence par monter puis redescend. Un tableau de signes n’est donc pas un tableau de variations. Pour étudier complètement les variations d’un polynôme général de degré trois, la dérivation fournit un outil étudié dans un autre chapitre ; il n’est pas nécessaire de l’anticiper pour résoudre une inéquation sous forme factorisée.

Une représentation numérique est un contrôle utile : elle permet de vérifier que les passages par zéro correspondent aux racines trouvées. Cependant, la fenêtre choisie peut cacher une partie de la courbe. Un tracé peu précis peut également masquer une racine où la courbe touche l’axe sans le traverser. Il faut conserver l’argument algébrique : les facteurs expliquent pourquoi une valeur est racine et pourquoi un signe reste constant entre les racines.

Dans une situation géométrique, un cube peut représenter un volume. Pour une boîte cubique de côté x centimètres, le volume vaut x³ centimètres cubes et le domaine physique impose x ≥ 0. La partie négative de la fonction mathématique n’a alors pas de sens comme longueur. Dans une situation de gestion, les unités et le domaine doivent être fournis séparément ; une belle courbe ne justifie pas à elle seule un modèle économique ou une extrapolation.

Au bac : exploiter une forme factorisée

  1. Vérifier le degré et repérer le coefficient non nul.
  2. Lire les racines en annulant chaque facteur, puis les ordonner.
  3. Déterminer les signes intervalle par intervalle, sans oublier les facteurs répétés.
  4. Appliquer le caractère strict ou large de l’inéquation.
  5. Restreindre au domaine et conclure dans les unités de l’énoncé.
Attention :

Erreurs fréquentes : perdre le signe d’un cube négatif, oublier une racine zéro, confondre une racine et le coefficient dominant, alterner les signes malgré une racine double, ou annoncer une variation à partir d’un tableau de signes.

Bilan des raisonnements

SituationOutil et précaution
ax³ + bSigne de a pour la monotonie ; racine simple à reconnaître.
Produit de trois facteursProduit nul pour les racines.
InéquationSigne des facteurs, bornes et domaine.
GraphiqueContrôle visuel sans remplacer la justification.

Pour poursuivre, ouvre S’entraîner à l’adresse /exercices.

À retenir

  • Le cube conserve le signe de son argument et la fonction cube est strictement croissante.
  • Un polynôme de degré trois possède un coefficient de x³ non nul.
  • Les racines d’un produit sont les valeurs qui annulent au moins un facteur.
  • Un facteur au carré ne change pas de signe de part et d’autre de sa racine.

Fiche de révision

Calcule d’abord le cube

(−2)³ vaut −8, puis applique le coefficient.

Dans x(x − 2)(x + 2), n’oublie pas la racine zéro.

Classe les racines avant de multiplier les signes ; le coefficient extérieur compte aussi.

≥ accepte les racines, tandis que > les exclut.

Une courbe peut rester au-dessus de zéro tout en descendant : signe et variation répondent à deux questions différentes.

Questions fréquentes

Toute fonction de degré trois est-elle croissante ?

Non. x³ − 4x vaut 3 en −1 et −3 en 1. Ce contre-exemple réfute la croissance sur tous les réels.

Une racine double compte-t-elle comme deux valeurs différentes ?

Non. Dans (x − 1)²(x + 2), les seules racines distinctes sont 1 et −2. Le facteur répété influence le signe, pas le nombre de valeurs distinctes à écrire.

Et maintenant ?

Tu as lu le cours. L’étape suivante tient en une action.

Relis le coursLes exercices de ce chapitre arrivent bientôt.

Prolonge l’expérience !

Continue à explorer ce chapitre à travers de nouvelles activités, des défis et des expériences interactives. Avec Premium, l’apprentissage continue !

Ici, tu débloques aussi 2 corrections détaillées.

Parent ? Suivez les progrès de votre enfant.

Tous les cours de Mathématiques — Première STMG