Optimiser une situation de gestion

Comment choisir une production qui améliore le résultat d’une entreprise ?

Environ 35 minutes

  • Modéliser un objectif de gestion
  • Chercher un extremum sur un domaine
  • Adapter une solution à des quantités entières
  • Distinguer coût marginal et dérivée
Sommaire
  1. Choisir ce que l’on cherche à optimiser
  2. Justifier un bénéfice maximal
  3. Adapter la réponse à une quantité entière
  4. Interpréter le coût d’une unité supplémentaire
  5. Au bac : donner une décision justifiée

Comment choisir une production qui améliore le résultat d’une entreprise ?

Tu sais étudier les variations d’un polynôme. Il reste à transformer ce calcul en décision : choisir un objectif, respecter les contraintes, traiter des quantités entières et distinguer coût supplémentaire exact et approximation. Nous allons suivre trois situations fictives pour comprendre ces étapes.

Choisir ce que l’on cherche à optimiser

Optimiser signifie rechercher la meilleure valeur d’une grandeur dans un ensemble de possibilités. Avant de dériver, il faut préciser ce que signifie « meilleure ». Une entreprise peut chercher le bénéfice le plus élevé, le coût total le plus faible ou un délai minimal. Ces objectifs ne sont pas équivalents. Produire moins peut réduire les dépenses, mais réduire aussi les ventes. La question choisie détermine donc la fonction à étudier.

Un modèle relie une variable à une grandeur. Dans une situation de production, la variable représente souvent une quantité. Son domaine traduit les contraintes : quantité positive, capacité maximale, commande minimale. Une formule donnée pour une production entre 0 et 100 objets ne doit pas être utilisée pour 500 objets sans nouvelle justification. Les coûts fixes, les capacités des machines et les prix peuvent changer au-delà du domaine prévu.

On distingue le coût total C(x), la recette R(x) et le bénéfice B(x) = R(x) − C(x). Une recette importante n’assure pas un bénéfice positif : les coûts peuvent être encore plus élevés. Un bénéfice négatif correspond à une perte. Le maximum d’une fonction de bénéfice peut lui-même être négatif : dans ce cas, la meilleure possibilité du modèle limite la perte sans rendre l’activité rentable.

Les situations d’entreprise présentées ici sont fictives. Leurs formules permettent d’étudier une décision, pas de prévoir une entreprise réelle. Pour utiliser un modèle dans la pratique, il faudrait vérifier ses données, ses hypothèses et sa période de validité. Une conclusion mathématique exacte peut devenir une mauvaise décision si l’on oublie une contrainte absente de la formule.

Vocabulaire

Fonction objectif :
Grandeur dont on recherche une valeur minimale ou maximale.
Domaine admissible :
Ensemble des valeurs de la variable autorisées par la situation.
Optimum :
Valeur la plus favorable parmi les possibilités admissibles.
Coût marginal discret :
Augmentation du coût total quand la production passe de x à x + 1 unités.

Justifier un bénéfice maximal

Pour optimiser une fonction polynomiale sur un intervalle fermé, on étudie sa dérivée, ses variations puis ses valeurs aux bornes et aux points critiques. Un point critique est ici une abscisse intérieure où la dérivée s’annule. La plus grande des valeurs retenues donne le maximum global. Un tableau de variations explique pourquoi aucune autre abscisse du domaine ne peut donner mieux.

Exemple résolu

Un atelier fictif vend chaque objet 50 €. Pour x objets, le coût est C(x) = 0,1x² + 5x + 100 et la recette R(x) = 50x. L’atelier peut produire de 0 à 300 objets. Détermine la production qui maximise le bénéfice.

  1. Étape 1 : Le bénéfice est B(x) = 50x − (0,1x² + 5x + 100) = −0,1x² + 45x − 100.
  2. Étape 2 : Sa dérivée est B′(x) = −0,2x + 45. Elle s’annule pour x = 225, devient négative après 225 et est positive avant.
  3. Étape 3 : B augmente sur [0 ; 225] puis diminue sur [225 ; 300]. On calcule B(0) = −100, B(225) = 4 962,5 et B(300) = 4 400.
  4. Étape 4 : La quantité 225 appartient au domaine et est entière. Aucun ajustement à une quantité réalisable n’est nécessaire.

Résultat : Le bénéfice maximal du modèle est de 4 962,50 €, pour 225 objets.

Piège à éviter : Maximiser la recette seule conduirait à choisir 300 objets, alors que les coûts supplémentaires réduisent le bénéfice après 225.

Le maximum se situe à l’intérieur du domaine de production, et non à sa borne supérieure.

Le maximum de la courbe continue est ici directement réalisable. Cela facilite l’interprétation, mais ce n’est pas toujours le cas. Dans un problème réel, x peut compter des objets indivisibles, des salariés ou des véhicules. Il faudra alors comparer les possibilités entières voisines. La dérivation reste utile pour localiser la meilleure zone, mais ne transforme pas une fraction d’objet en production possible.

À toi d'essayer

Le même atelier est limité à 200 objets. Quel bénéfice maximal peut-il atteindre sous cette nouvelle contrainte ?

Voir la réponse

Sur [0 ; 200], B′(x) = −0,2x + 45 est strictement positif. Le bénéfice augmente jusqu’à la capacité maximale : B(200) = −4 000 + 9 000 − 100 = 4 900 €. L’optimum admissible est donc 200 objets, et non 225.

Adapter la réponse à une quantité entière

Le domaine d’une fonction de gestion est souvent représenté par un intervalle, même si les quantités finales sont entières. Cette extension continue simplifie l’étude. Si le maximum continu se situe entre deux entiers et si la fonction est croissante avant ce maximum puis décroissante après, seuls les deux entiers voisins restent à comparer. Les autres sont moins favorables par monotonie.

Exemple résolu

Pour une autre production fictive, le bénéfice en euros est P(n) = −2n² + 19n − 10. La quantité n est un entier entre 0 et 10. Trouve la meilleure quantité.

  1. Étape 1 : Étudions d’abord la fonction réelle P(x) = −2x² + 19x − 10 sur [0 ; 10]. Sa dérivée est P′(x) = −4x + 19.
  2. Étape 2 : La dérivée s’annule en 4,75. La fonction croît jusqu’à 4,75 puis décroît.
  3. Étape 3 : Les deux quantités entières candidates sont 4 et 5. P(4) = −32 + 76 − 10 = 34 ; P(5) = −50 + 95 − 10 = 35.
  4. Étape 4 : La croissance avant 4,75 et la décroissance après expliquent pourquoi les autres entiers ne font pas mieux.

Résultat : La meilleure production entière est 5 objets, pour un bénéfice de 35 €. Le maximum continu, égal à 35,125 €, n’est pas réalisable avec des objets entiers.

Piège à éviter : Annoncer 4,75 objets négligerait la nature discrète de la production.

La comparaison des bénéfices pour 4 et 5 objets détermine la meilleure quantité entière.
Attention :

Arrondir automatiquement l’optimum continu n’est pas une méthode générale. Compare les valeurs de la fonction aux entiers admissibles voisins. Pour une autre forme de courbe ou d’autres contraintes, l’entier le plus proche peut ne pas donner la meilleure valeur.

À toi d'essayer

Une machine ne permet que des productions par paquets de trois objets dans le deuxième modèle. Parmi 0, 3, 6 et 9, quelle quantité faut-il choisir ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Interpréter le coût d’une unité supplémentaire

Le coût marginal discret est la différence C(x + 1) − C(x). Il mesure exactement le supplément de coût lorsque la production passe de x à x + 1 unités dans le modèle. La dérivée C′(x) mesure une évolution instantanée du coût dans le modèle continu. Elle peut approcher le coût marginal pour un accroissement d’une unité lorsque l’approximation locale est suffisamment précise.

L’écriture C(x + h) ≈ C(x) + hC′(x) vient de la tangente. Elle est destinée aux petits accroissements h autour de x. Le signe ≈ rappelle qu’il s’agit d’une approximation, pas d’une égalité garantie. L’erreur dépend de la forme de la fonction et de l’ampleur de l’accroissement. Si le modèle permet de calculer la différence exacte, on peut la comparer à l’approximation.

Exemple résolu

Pour C(x) = 0,1x² + 5x + 100, compare le coût supplémentaire exact entre 10 et 11 objets à l’estimation donnée par la dérivée.

  1. Étape 1 : C′(x) = 0,2x + 5, donc C′(10) = 7. L’estimation locale est un supplément d’environ 7 €.
  2. Étape 2 : Le coût pour 10 objets vaut C(10) = 10 + 50 + 100 = 160 €. Pour 11 objets, C(11) = 12,1 + 55 + 100 = 167,1 €.
  3. Étape 3 : Le supplément exact est donc 167,1 − 160 = 7,1 €. L’estimation par la dérivée est inférieure de 0,1 €.

Résultat : Le coût marginal discret est 7,10 €, tandis que la dérivée donne une approximation de 7 €. Les deux nombres sont proches mais différents.

Piège à éviter : Écrire C(11) − C(10) = C′(10) transformerait une approximation en égalité fausse.

Lorsque le prix de vente reste constant, une unité supplémentaire apporte une recette supplémentaire constante. Comparer cette recette au coût supplémentaire aide à comprendre pourquoi le bénéfice finit par diminuer. Dans le modèle continu, B′(x) = R′(x) − C′(x). L’égalité des dérivées de recette et de coût repère un candidat à l’optimum, mais il faut toujours vérifier le sens de variation et les contraintes.

À toi d'essayer

Un coût fictif vérifie C(40) = 620 €, C(41) = 638 € et C′(40) = 17,5. Un objet supplémentaire se vend 17,80 €. Faut-il passer de 40 à 41 objets pour augmenter le bénéfice ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Au bac : donner une décision justifiée

Au bac : conduire une optimisation

  1. Identifie la fonction objectif, les unités, les contraintes et la nature entière ou réelle de la variable.
  2. Construis le bénéfice si nécessaire en soustrayant tous les coûts à la recette, avec des parenthèses.
  3. Calcule la dérivée et étudie son signe sur le domaine utile. Traduis ce signe en variations.
  4. Compare les valeurs aux points critiques et aux bornes. Pour une variable entière, vérifie les candidats admissibles.
  5. Conclus en une phrase indiquant la décision, la valeur atteinte et la limite du modèle.

Une réponse complète distingue le résultat mathématique et sa portée. Dire « produire 225 objets est optimal dans ce modèle, pour une capacité comprise entre 0 et 300 » est plus précis que « il faut toujours produire 225 objets ». Le prix de vente, la demande, les coûts fixes et la capacité font partie des hypothèses. Si l’un d’eux change, la décision doit être réexaminée.

Pour vérifier une solution, calcule une ou deux valeurs voisines et assure-toi que l’ordre de grandeur est cohérent. Ce contrôle peut révéler une faute arithmétique, mais il ne remplace pas l’étude des variations. Pense aussi aux cas limites : produire zéro peut entraîner un coût fixe ; une obligation de commande minimale peut exclure cette possibilité ; un minimum de coût n’est pas nécessairement un maximum de bénéfice.

Repères essentiels

QuestionRéponse attendue
Quelle quantité choisir ?Une abscisse admissible et son unité
Quelle valeur optimale ?Une image de la fonction objectif
Une unité de plus coûte combien ?Une différence de coûts, éventuellement approchée par la dérivée
Le résultat est-il applicable ?Vérification des contraintes et des hypothèses
Attention :

Erreurs fréquentes : confondre recette et bénéfice ; oublier les coûts fixes ; garder un optimum hors domaine ; oublier les quantités entières ; présenter le coût marginal comme exactement égal à la dérivée.

S’entraîner : utilise l’espace d’exercices du site pour poursuivre le travail sur les variations et les modèles de gestion.

À retenir

  • Le bénéfice est la différence entre recette et coût total.
  • Un optimum est recherché uniquement parmi les valeurs admissibles.
  • Le maximum sur un intervalle fermé peut se situer à une borne.
  • La dérivée du coût approche une évolution locale ; le coût d’une unité supplémentaire est une différence de coûts.

Fiche de révision

Cadrer

précise ce qui doit augmenter ou diminuer, et les valeurs autorisées de la variable.

Prouver

dérive, étudie les signes puis les variations ; un zéro de la dérivée ne suffit pas.

Adapter

si x doit être entier, compare les possibilités voisines du maximum continu.

Décider

annonce quantité et valeur, avec leurs unités, et rappelle les contraintes utiles.

Vérifier

une approximation de coût peut inverser une décision lorsque recette et coût supplémentaires sont très proches.

Questions fréquentes

Faut-il forcément annuler la dérivée pour trouver le maximum ?

Non. Si la fonction augmente sur tout le domaine, le maximum est à la borne droite. C’est le cas de l’atelier limité à 200 objets.

Un bénéfice maximal peut-il être négatif ?

Oui. Le meilleur résultat disponible peut rester une perte. L’optimisation compare les choix possibles ; elle ne garantit pas la rentabilité.

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