Comparer les modèles discrets
Une hausse fixe et une hausse en pourcentage conduisent-elles aux mêmes résultats ?
Environ 35 minutes
- Reconnaître une variation absolue constante
- Reconnaître une variation relative constante
- Chercher le premier franchissement d’un seuil
Une hausse fixe et une hausse en pourcentage conduisent-elles aux mêmes résultats ?
Les suites arithmétiques et géométriques représentent deux règles d’évolution différentes. Tu vas reconnaître leur raison, calculer un terme, comparer leurs variations et chercher un premier franchissement de seuil. Les situations présentées sont fictives ; leurs projections restent conditionnelles.
Reconnaître une variation absolue constante
Une suite arithmétique est définie par l’ajout d’un même nombre à chaque étape. Ce nombre est sa raison, notée r. La relation s’écrit u(n + 1) = u(n) + r. Pour démontrer qu’une suite est arithmétique, on montre que la différence u(n + 1) − u(n) est constante pour tous les rangs concernés. Une différence observée identique sur quelques données permet seulement de proposer ce modèle si aucune règle générale n’est donnée.
Si le premier terme est u(0), le terme de rang n vaut u(n) = u(0) + nr. En effet, passer du rang zéro au rang n correspond à n ajouts de r. Si le premier terme est u(1), la formule devient u(n) = u(1) + (n − 1)r. Plus généralement, de m à n, on effectue n − m transitions. La formule doit suivre le rang initial réel, pas une habitude de notation.
Le signe de r détermine les variations : si r > 0, la suite est strictement croissante ; si r < 0, elle est strictement décroissante ; si r = 0, elle est constante. Cette conclusion ne dépend pas du signe du terme initial. Une suite peut partir d’une valeur négative et augmenter, ou rester positive pendant plusieurs étapes tout en diminuant. Le modèle s’applique à une variation absolue constante, exprimée dans la même unité que les termes.
Exemple résolu
Une association fictive dispose de 250 € au rang zéro et ajoute 35 € par mois, sans retrait. Donner la relation de récurrence, le terme général et le montant au rang huit.
- Étape 1 : u(0) = 250 et u(n + 1) = u(n) + 35.
- Étape 2 : La différence entre deux termes consécutifs vaut toujours 35 : la suite est arithmétique de raison 35.
- Étape 3 : u(n) = 250 + 35n, car n ajouts séparent les rangs zéro et n.
- Étape 4 : u(8) = 250 + 35 × 8 = 530.
Résultat : Le montant au rang huit est 530 €. La suite est strictement croissante puisque 35 est positif.
Piège à éviter : Ajouter seulement huit euros ou appliquer une hausse de 35 % ne correspondrait pas à une augmentation fixe de 35 €.
À toi d'essayer
Une suite arithmétique commence au rang un avec v(1) = 400 et une raison −25. Calcule v(6) et justifie son sens de variation.
Voir la réponseMasquer la réponse
Il y a cinq transitions de 1 à 6. Donc v(6) = 400 + 5 × (−25) = 275. La suite est strictement décroissante car sa raison −25 est négative.
Reconnaître une variation relative constante
Une suite géométrique se construit en multipliant chaque terme par un même nombre q, appelé raison : v(n + 1) = qv(n). Dans les modèles étudiés ici, le terme initial est strictement positif et q > 0 ; tous les termes restent donc strictement positifs. Le quotient v(n + 1)/v(n) vaut alors q pour tous les rangs. Cette division ne doit jamais être utilisée avec un dénominateur nul.
Une hausse constante de t % correspond à q = 1 + t/100. Une baisse constante de t %, avec 0 < t < 100, correspond à q = 1 − t/100. Le pourcentage s’applique à la valeur de la période précédente. Les augmentations en euros ne sont donc généralement pas constantes : avec une hausse de 20 %, passer de 100 à 120 ajoute 20, puis passer de 120 à 144 ajoute 24. Le taux est constant, mais pas la différence.
Si le rang initial est zéro, v(n) = v(0)qⁿ. L’exposant n compte les multiplications par q. Depuis le rang un, on écrit v(n) = v(1)qⁿ⁻¹. Avec v(0) > 0 et q > 0, la suite est strictement croissante pour q > 1, constante pour q = 1 et strictement décroissante pour 0 < q < 1. En effet, v(n + 1) − v(n) = v(n)(q − 1), dont le signe est celui de q − 1 puisque v(n) est positif.
Exemple résolu
Un équipement fictif vaut 800 € au départ. Sa valeur de modèle baisse de 10 % par an. Calculer les deux premières valeurs annuelles et donner le terme général.
- Étape 1 : Le coefficient multiplicateur vaut 1 − 10/100 = 0,9.
- Étape 2 : v(1) = 800 × 0,9 = 720 €.
- Étape 3 : v(2) = 720 × 0,9 = 648 €.
- Étape 4 : v(n) = 800 × 0,9ⁿ pour n ≥ 0 ; 0 < 0,9 < 1 et le terme initial est positif.
Résultat : Les valeurs prévues sont 720 € puis 648 €. La suite est strictement décroissante. Il s’agit d’un modèle de dépréciation, pas d’un prix de revente garanti.
Piège à éviter : Soustraire 80 € chaque année appliquerait une baisse fixe, alors que 10 % du nouveau montant vaut 72 € la deuxième année.
Pour identifier un modèle, calcule d’abord des différences puis, si les termes sont non nuls, des quotients. Les nombres 100, 120, 144 présentent des quotients égaux à 1,2 et des différences 20 puis 24. Ils sont compatibles avec un modèle géométrique, pas arithmétique. Pour prouver la nature d’une suite définie par une formule, utilise cette formule : une collection finie de valeurs ne prouve pas une règle à tous les rangs futurs.
À toi d'essayer
Une quantité strictement positive diminue de 5 % à chaque étape. Donne sa raison géométrique, puis exprime le terme de rang trois si la valeur initiale vaut 200.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Chercher le premier franchissement d’un seuil
Un problème de seuil demande le premier rang où une condition devient vraie. Il faut lire précisément « dépasse », « atteint au moins » ou « devient inférieur ». Dépasser 1 000 impose une inégalité stricte ; atteindre au moins 1 000 accepte l’égalité. On utilise le terme général lorsqu’une résolution simple est disponible, ou on calcule les termes successifs avec un tableur ou une boucle. Le rang obtenu doit être entier et le rang précédent doit échouer au test.
Pour une suite arithmétique croissante, l’inéquation portant sur le terme général se résout souvent directement. Si u(n) = 250 + 35n, chercher u(n) ≥ 500 donne n ≥ 250/35, soit environ 7,14. Le plus petit rang entier est huit. Le contrôle confirme u(7) = 495 < 500 et u(8) = 530 ≥ 500. Arrondir 7,14 à l’entier le plus proche donnerait sept et manquerait le seuil : il faut chercher le premier entier qui satisfait réellement la condition.
Exemple résolu
Un indicateur fictif commence à 500 et augmente de 8 % à chaque période. Déterminer le premier rang où il dépasse strictement 700, en calculant les termes successifs.
- Étape 1 : La suite est géométrique : w(0) = 500 et w(n + 1) = 1,08w(n).
- Étape 2 : Les premiers termes sont 540 ; 583,2 ; 629,856 ; 680,24448 ; 734,6640384.
- Étape 3 : Au rang 4, la valeur 680,24448 est inférieure à 700.
- Étape 4 : Au rang 5, la valeur 734,6640384 dépasse 700 ; la suite est strictement croissante.
Résultat : Le premier rang de dépassement strict est 5. Le contrôle du rang 4 et la croissance prouvent qu’aucun rang antérieur ne convient.
Piège à éviter : Décider avec des valeurs trop tôt arrondies peut déplacer le rang de franchissement lorsque le seuil est proche d’un terme.
En Python, on peut initialiser n = 0 et valeur = 500, puis répéter tant que valeur <= 700 : multiplier valeur par 1.08 et augmenter n de un. Le test accepte l’égalité pour continuer, puisque l’arrêt recherché exige un dépassement strict. La condition est examinée avant chaque passage. Pour ces données, la croissance avec une raison supérieure à un assure le franchissement d’un seuil fini. Une suite décroissante ne franchirait pas nécessairement le même seuil vers le haut.
Au tableur, place les rangs en colonne A et les termes en colonne B. Avec B2 = 500, la formule B3 = B2*1,08 reproduit la règle. Si le taux est en E1, une formule telle que =B2*(1+$E$1) conserve ce paramètre lors de la recopie, à condition que E1 contienne 8 %. Recherche ensuite le premier terme satisfaisant la condition. Le numéro de ligne doit être traduit en rang, car la ligne 2 correspond ici au rang zéro.
À toi d'essayer
Deux offres fictives commencent à 100. L’offre A ajoute 20 par période ; l’offre G augmente de 20 % par période. Elles donnent toutes deux 120 après une période. Un responsable affirme qu’elles resteront égales. Réfute cette affirmation, puis indique laquelle dépasse 200 en premier.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Argumenter le choix d’un modèle
Une suite arithmétique convient à une variation absolue constante ; une suite géométrique positive convient à une variation relative constante. Ce sont des hypothèses précises. Un budget augmenté chaque année d’un montant fixe et un budget augmenté d’un pourcentage fixe peuvent coïncider au début puis diverger fortement. Pour comparer, impose le même rang de départ, la même unité et la même durée d’étape. Sinon une comparaison entre un taux mensuel et un supplément annuel serait trompeuse.
Ne choisis pas un modèle uniquement parce qu’un graphique est visuellement régulier. Les points d’une suite arithmétique sont alignés dans le repère rang-valeur ; ceux d’une suite géométrique de raison différente de un ne le sont généralement pas. Mais la fenêtre et l’échelle peuvent masquer une courbure faible. Le calcul des différences ou des quotients complète l’observation. Toute projection doit rester rattachée à la période et aux conditions pour lesquelles l’hypothèse a un sens.
Au bac : comparer des évolutions et justifier un seuil
- Nommer la valeur initiale et son rang.
- Traduire ajout fixe par une addition, taux fixe par un coefficient multiplicateur.
- Justifier la nature de la suite à partir de sa règle, puis écrire le terme général adapté.
- Pour un seuil, préciser l’inégalité et contrôler le terme précédent.
- Conclure dans le contexte en rappelant que le modèle suppose une règle stable.
Erreurs fréquentes : confondre raison géométrique et taux, prendre n au lieu de n − 1 quand on part du rang un, diviser par un terme nul, arrondir le rang comme une mesure décimale, ou déclarer qu’un seuil est atteint sans examiner le terme précédent.
Bilan des raisonnements
| Situation | Outil et précaution |
|---|---|
| Ajout constant r | u(n) = u(0) + nr ; signe de r pour les variations. |
| Facteur constant q > 0 | v(n) = v(0)qⁿ ; v(0) > 0 dans les modèles étudiés. |
| Premier rang de seuil | Condition vraie au rang retenu, fausse au précédent. |
| Comparaison de modèles | Même unité, même origine, mêmes périodes. |
Pour poursuivre, ouvre S’entraîner à l’adresse /exercices.
À retenir
- Une suite arithmétique a une différence constante entre deux termes consécutifs.
- Une suite géométrique se construit par un facteur constant.
- Une hausse de t % correspond au facteur 1 + t/100.
- Pour des termes positifs, une raison géométrique entre zéro et un donne une suite décroissante.
Fiche de révision
Repère le nombre de transitions
du rang un au rang six, il y en a cinq.
Ajout r
terme initial plus nombre de transitions multiplié par r.
Facteur q
terme initial multiplié par q élevé au nombre de transitions.
Pour dépasser strictement une valeur, continue la boucle à l’égalité.
Teste le rang trouvé et son prédécesseur ; garde les valeurs non arrondies pour décider.
Questions fréquentes
Une suite peut-elle être à la fois arithmétique et géométrique ?
Une suite constante strictement positive l’est : sa raison arithmétique est zéro et sa raison géométrique est un.
Une baisse de 10 % pendant deux périodes vaut-elle une baisse de 20 % ?
Non. Le facteur global est 0,9 × 0,9 = 0,81, soit une baisse de 19 %. Les pourcentages successifs s’appliquent à des bases différentes.
Et maintenant ?
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