Étudier une fonction exponentielle

Comment décrire une même évolution relative sur des durées entières ou fractionnaires ?

Environ 35 minutes

  • Calculer des puissances réelles
  • Étudier les variations de K × aˣ
  • Calculer un taux moyen
  • Discuter un modèle exponentiel
Sommaire
  1. 1. Passer d’une suite à une fonction
  2. 2. Calculer et transformer les puissances
  3. 3. Étudier les variations avec la base et le signe
  4. 4. Retrouver un taux et confronter un modèle aux données
  5. 5. Rédiger une interprétation solide

Comment décrire une même évolution relative sur des durées entières ou fractionnaires ?

Une fonction exponentielle prolonge les suites géométriques et permet de comparer des taux sur plusieurs durées. Les organisations et valeurs citées ici sont fictives. Le but est de comprendre le rôle de la base, de calculer des images et d’expliquer les limites d’une prévision.

1. Passer d’une suite à une fonction

Une suite géométrique donne des valeurs à des dates espacées régulièrement : à la fin de chaque mois, par exemple. Une fonction exponentielle permet de prolonger le modèle entre ces dates. On fixe une base a strictement positive. Pour les entiers n, aⁿ est une puissance déjà connue. Pour des exposants réels, on admet un prolongement continu qui conserve les règles de multiplication. La fonction obtenue associe à tout réel x le nombre aˣ. La variable est dans l’exposant ; elle n’est pas la base.

La valeur a⁰ vaut 1 et la valeur a¹ vaut a. Pour un exposant négatif, a⁻ˣ = 1/aˣ. Par exemple, 2⁻³ = 1/8 = 0,125. Pour une demi-unité, a^(1/2) est la racine carrée positive de a. Ainsi, 4^(1/2) = 2. Ces relations ne constituent pas une simple interpolation par une droite : elles décrivent une évolution multiplicative qui reste cohérente lorsque l’on partage une durée.

Si f(t) = K × aᵗ, avec K > 0, alors f(0) = K. Pour une même durée h, le rapport f(t + h)/f(t) vaut aʰ : il ne dépend pas du point de départ t. C’est ce rapport constant sur des durées égales qui caractérise ici l’évolution exponentielle. La différence f(t + h) − f(t), elle, varie généralement avec t. Une croissance exponentielle peut être lente si la base est proche de 1 ; le mot exponentiel ne veut pas simplement dire rapide.

Vocabulaire

Base :
Nombre positif fixe a dans aˣ.
Exposant :
Nombre x qui détermine la puissance ; il peut être réel.
Coefficient initial :
Valeur K du modèle K × aᵗ à la date t = 0.
Taux équivalent :
Taux constant qui produit le même coefficient global sur une durée donnée.
La base 2 donne une fonction croissante ; la base 0,5 donne une fonction décroissante. Les deux fonctions restent strictement positives.

Le dessin montre des valeurs pour x négatif et positif, mais un contexte peut ne retenir que t ≥ 0. Un modèle de ventes défini à partir d’un lancement ne décrit pas automatiquement ce qui précédait. On distingue donc le domaine mathématique de la fonction, qui est ici l’ensemble des réels, et l’intervalle sur lequel l’hypothèse de gestion est jugée pertinente.

2. Calculer et transformer les puissances

Pour a > 0 et des réels x et y, on utilise a^(x + y) = aˣ × aʸ et a^(x − y) = aˣ/aʸ. Pour un entier relatif n, a^(nx) = (aˣ)ⁿ. Les parenthèses indiquent exactement ce qui est élevé à la puissance. Ainsi, 3² × 3⁻¹ = 3¹ = 3 ; 3² + 3⁻¹ ne se simplifie pas de la même façon, car il s’agit d’une addition. Les règles portent sur les produits et les quotients de puissances de même base.

Exemple résolu

Une activité fictive suit f(t) = 100 × 1,21ᵗ, où t est mesuré en années. Calculer les valeurs après une demi-année et après un an, puis expliquer le coefficient semestriel.

  1. Étape 1 : Après une demi-année, f(0,5) = 100 × √1,21 = 100 × 1,10 = 110.
  2. Étape 2 : Après un an, f(1) = 100 × 1,21 = 121. Deux semestres successifs multiplient donc la valeur par 1,10 × 1,10 = 1,21.
  3. Étape 3 : Le taux semestriel équivalent est 10 %. La hausse annuelle de 21 % n’est pas partagée en deux hausses additives de 10,5 %.

Résultat : Le modèle donne 110 unités après six mois et 121 après un an ; chaque semestre correspond à une multiplication par 1,10.

Piège à éviter : La moitié de la durée divise l’exposant par deux, mais ne divise pas automatiquement le taux annuel par deux.

Les points repérés sont (0 ; 100), (0,5 ; 110) et (1 ; 121). Le point intermédiaire suit une moyenne géométrique des valeurs extrêmes.

On peut construire des points intermédiaires sans tracer une droite. Entre les dates t₁ et t₂, la date médiane est (t₁ + t₂)/2. Pour un modèle positif K × aᵗ, sa valeur est √(f(t₁)f(t₂)). Dans l’exemple, √(100 × 121) = 110. Répéter ce procédé entre les nouveaux points affine une représentation de la courbe. Le milieu des abscisses est arithmétique, celui des ordonnées est géométrique : confondre les deux modifierait le modèle.

À toi d'essayer

Simplifie 5^(x + 2)/5ˣ, puis compare cette expression à 5ˣ + 25. La seconde est-elle toujours constante ?

Voir la réponse

Le quotient vaut 5² = 25 pour tout réel x. La somme ne se simplifie pas par la règle des exposants : à x = 0 elle vaut 26 ; à x = 1 elle vaut 30. Elle n’est donc pas constante.

3. Étudier les variations avec la base et le signe

Si a > 1, la fonction x ↦ aˣ est strictement croissante sur les réels. Si 0 < a < 1, elle est strictement décroissante. Si a = 1, elle vaut toujours 1. Toutes ses valeurs restent strictement positives, même lorsque x est négatif. Le signe de x ne devient pas le signe de aˣ. Pour une base inférieure à 1, augmenter l’exposant multiplie de nouveau par un nombre inférieur à 1 et réduit la valeur.

Pour f(x) = K × aˣ, on tient aussi compte du signe de K. Multiplier par un nombre positif conserve l’ordre ; multiplier par un nombre négatif l’inverse. Ainsi, si K < 0 et a > 1, f est strictement décroissante et ses valeurs sont négatives. Si K < 0 et 0 < a < 1, f est strictement croissante, même si elle reste négative. Si K = 0 ou a = 1, la fonction est constante. Ces conclusions s’obtiennent sans calculer une dérivée.

Exemple résolu

Un écart comptable fictif est modélisé par g(t) = −80 × 0,5ᵗ pour t compris entre 0 et 4. Étudier son sens de variation et comparer les deux premières valeurs.

  1. Étape 1 : La base 0,5 est strictement comprise entre 0 et 1 : 0,5ᵗ décroît quand t augmente.
  2. Étape 2 : Le coefficient −80 est négatif, donc la multiplication inverse les comparaisons. La fonction g est strictement croissante.
  3. Étape 3 : g(0) = −80 et g(1) = −40 ; or −40 > −80. À t = 4, g(4) = −5, ce qui confirme la progression vers des valeurs moins négatives.

Résultat : L’écart augmente de −80 à −5 sur l’intervalle étudié ; sa valeur absolue diminue.

Piège à éviter : Une valeur négative qui se rapproche de zéro augmente : elle ne devient pas décroissante parce que son écriture comporte un signe moins.

À toi d'essayer

Étudie h(x) = −3 × 2ˣ et j(x) = 0 × 2ˣ. Donne leur signe et leur sens de variation.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Repères essentiels

BaseCoefficient positifCoefficient négatif
a > 1Strictement croissanteStrictement décroissante
0 < a < 1Strictement décroissanteStrictement croissante
a = 1ConstanteConstante

4. Retrouver un taux et confronter un modèle aux données

Des évolutions successives se composent par multiplication. Si les coefficients de N périodes de même durée sont c₁, …, c_N, leur produit C donne le coefficient global. Le coefficient moyen équivalent est q = C^(1/N), positif. Son taux est q − 1. Il reproduit la même valeur finale, sans reproduire nécessairement les valeurs intermédiaires. Prendre la moyenne arithmétique des taux ne résout généralement pas cette question.

Exemple résolu

Une organisation fictive enregistre une hausse de 20 % une année, puis une baisse de 25 % l’année suivante. Quel taux annuel constant produit la même évolution sur deux ans ?

  1. Étape 1 : Les coefficients sont 1,20 et 0,75. Leur produit vaut 0,90, soit une baisse globale de 10 %.
  2. Étape 2 : On cherche q > 0 tel que q² = 0,90. Donc q = √0,90 ≈ 0,948683.
  3. Étape 3 : Le taux moyen vaut q − 1 ≈ −0,051317, soit environ −5,13 % par an. Sur une base 100, appliquer deux fois le coefficient exact ramène à 90.

Résultat : Le taux annuel moyen équivalent correspond à une baisse d’environ 5,13 %.

Piège à éviter : La moyenne des taux, (20 − 25)/2 = −2,5 %, ne redonne pas le coefficient global 0,90.

Pour convertir un taux annuel en taux mensuel équivalent, on résout q¹² = C annuel. Une hausse annuelle de 12 % donne donc q = 1,12^(1/12) ≈ 1,009489, soit environ 0,949 % par mois. Multiplier 1 % par douze donne une addition de taux, alors que douze hausses de 1 % donnent 1,01¹² ≈ 1,126825, soit environ 12,68 %. Le choix de l’unité de temps appartient au modèle et doit être indiqué dans chaque formule.

À toi d'essayer

Un relevé fictif à dates régulièrement espacées donne les valeurs 80, 100, 120. Un collègue propose un modèle exponentiel exact qui passerait par ces trois points. Peut-il avoir raison ? Justifie et propose un autre modèle exact sur ces trois dates.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

5. Rédiger une interprétation solide

Au bac : analyser un modèle exponentiel

  1. Identifie la base, le coefficient initial, la variable et son unité. Indique l’intervalle demandé avant toute interprétation.
  2. Traduis la phrase en opération : image, rapport, taux ou antécédent. Pour les puissances, distingue addition d’exposants et addition de valeurs.
  3. Justifie les variations avec la base et le signe du coefficient. Un petit tableau de valeurs peut contrôler le résultat, mais ne remplace pas la propriété.
  4. Exprime le résultat avec son unité et son arrondi. Sépare valeur calculée, hypothèse de modèle et observation réelle.

Dans un tableur, une colonne peut contenir les temps 0 ; 0,5 ; 1 ; 1,5 ; 2. Pour f(t) = 100 × 1,21ᵗ, la formule =100*1,21^A2 calcule l’image du temps placé en A2. Les parenthèses sont nécessaires si l’exposant est lui-même une expression. Contrôle d’abord f(0), puis f(1) : une erreur de saisie qui produit 121 à la date 0 révèle immédiatement un décalage de rang. Sur une calculatrice, la touche puissance s’utilise avec le même soin.

Attention :

Un taux de croissance supposé constant ne constitue pas une promesse. Les ressources, la demande ou les conditions d’activité peuvent changer. Pour des nombres de personnes, une valeur non entière représente une estimation du modèle ; l’arrondi final ne modifie pas sa formule. Une courbe lisse ne prouve jamais que chaque observation réelle suit exactement cette courbe.

Le chapitre suivant introduit le logarithme décimal pour trouver l’exposant lorsque la valeur finale est connue. Ici, une lecture graphique ou une table permet déjà d’encadrer un antécédent. Une telle lecture est approchée : on annonce un intervalle ou une précision compatible avec les graduations, sans transformer la largeur d’un trait en résultat exact.

À retenir

  • Pour a > 0, la fonction aˣ est définie et strictement positive pour tout réel x.
  • Les identités a^(x + y) = aˣaʸ et a⁻ˣ = 1/aˣ prolongent les règles des puissances.
  • La base supérieure à 1 donne une croissance ; une base entre 0 et 1 donne une décroissance.
  • Un coefficient négatif inverse les variations de aˣ.
  • Le coefficient moyen sur N périodes est la racine N-ième du coefficient global.

Fiche de révision

Commence par f(0)

dans K × aᵗ, cette valeur est K.

Deux semestres à 10 % équivalent à une année à 21 %.

Pour une baisse de moitié par période, la base est 0,5 et les valeurs restent positives si K est positif.

Un facteur initial négatif demande de renverser la comparaison des images.

Des quotients successifs différents réfutent un modèle exponentiel exact à dates régulièrement espacées.

Questions fréquentes

Pourquoi ne pas relier simplement les points par une droite ?

Une droite conserve les différences sur des intervalles égaux. Le modèle exponentiel conserve les rapports ; ses valeurs intermédiaires sont différentes.

Une base peut-elle être nulle ou négative ici ?

Non. La base est strictement positive pour définir aˣ pour tous les exposants réels. Le coefficient K placé devant la puissance peut, lui, être nul ou négatif.

Et maintenant ?

Tu as lu le cours. L’étape suivante tient en une action.

Relis le coursLes exercices de ce chapitre arrivent bientôt.

Prolonge l’expérience !

Continue à explorer ce chapitre à travers de nouvelles activités, des défis et des expériences interactives. Avec Premium, l’apprentissage continue !

Ici, tu débloques aussi 2 corrections détaillées.

Parent ? Suivez les progrès de votre enfant.

Tous les cours de Mathématiques — Terminale STMG