Optimiser et interpréter une fonction

Comment choisir une quantité qui maximise un bénéfice ou minimise un coût ?

Environ 35 minutes

  • Étudier le signe d’une dérivée
  • Rechercher un extremum sur un intervalle
  • Interpréter une optimisation avec contraintes
Sommaire
  1. Poser le problème avant de dériver
  2. Calculer une dérivée et interpréter son signe
  3. Maximiser un bénéfice polynomial
  4. Minimiser une combinaison avec l’inverse
  5. Passer du modèle continu à une décision

Comment choisir une quantité qui maximise un bénéfice ou minimise un coût ?

Une courbe suggère une décision ; la dérivée permet de la justifier. Les situations étudiées sont fictives. Chaque résultat sera relié au domaine du modèle et aux unités pour aboutir à une décision réalisable.

Poser le problème avant de dériver

Optimiser signifie rechercher la meilleure valeur d’une grandeur selon un critère annoncé : bénéfice maximal, coût moyen minimal ou durée minimale. Les critères ne sont pas interchangeables. Une quantité qui maximise le chiffre d’affaires peut occasionner des coûts élevés et ne pas maximiser le bénéfice. La première étape consiste donc à nommer la grandeur étudiée et l’ensemble des décisions autorisées.

Dans une entreprise fictive, on peut représenter par x le nombre de centaines de produits fabriqués et par B(x) le bénéfice en centaines d’euros. Une valeur x = 2,5 signifie alors 250 produits ; elle n’est pas forcément interdite sous prétexte que x n’est pas entier. En revanche, si x compte directement des objets indivisibles, il faut retenir des valeurs entières. L’unité choisie décide de cette interprétation.

Un modèle peut être étudié sur un intervalle fermé, par exemple [0 ; 10], ou sur un intervalle qui exclut une borne. La restriction peut provenir d’une capacité de production, d’une quantité minimale de commande ou d’un dénominateur. On garde ces informations pendant toute l’étude. Une valeur obtenue par le calcul hors de cet intervalle ne constitue pas une décision possible.

Vocabulaire

Maximum :
Plus grande valeur effectivement atteinte par la fonction sur le domaine étudié.
Minimum :
Plus petite valeur effectivement atteinte sur ce domaine.
Extremum :
Terme qui désigne un maximum ou un minimum.
Dérivée :
Fonction qui décrit la pente locale de la courbe et permet d’étudier ses variations.

Calculer une dérivée et interpréter son signe

Les règles utiles ici sont les suivantes : la dérivée d’une constante est zéro, celle de x est 1, celle de x² est 2x et celle de x³ est 3x². La dérivée de 1/x est −1/x² pour x non nul. On dérive une somme terme à terme et on conserve chaque coefficient multiplicatif. Par exemple, pour f(x) = 2x³ − 5x + 8/x, on obtient f′(x) = 6x² − 5 − 8/x².

Sur un intervalle où f est dérivable, une dérivée positive ou nulle indique que f est croissante ; une dérivée négative ou nulle indique qu’elle est décroissante. Si le signe passe du positif au négatif à une valeur intérieure, la fonction présente un maximum local. S’il passe du négatif au positif, il s’agit d’un minimum local. Pour conclure à un extremum sur tout l’intervalle, on considère l’ensemble du tableau de variations et les bornes.

La condition f′(a) = 0 repère un candidat, pas une conclusion suffisante. La fonction x³ a une dérivée nulle en zéro mais reste croissante : zéro n’est ni un maximum ni un minimum. À l’inverse, sur [1 ; 3], la fonction x² a son minimum à la borne 1 alors que sa dérivée y vaut 2. Rechercher uniquement les solutions de f′(x) = 0 ferait donc manquer des extrema.

Attention :

Le signe de f et celui de f′ répondent à deux questions différentes. Un bénéfice négatif peut augmenter : la perte se réduit. Un bénéfice positif peut diminuer : l’activité reste bénéficiaire, mais gagne moins.

Maximiser un bénéfice polynomial

Un atelier fictif produit x dizaines d’objets, avec x dans [0 ; 10]. Son bénéfice B(x), en centaines d’euros, est modélisé par B(x) = −2x² + 24x − 20. Le coefficient négatif de x² suggère une courbe qui finit par redescendre, mais l’étude de la dérivée fournit la justification. Le modèle autorise une étude continue ; la décision finale doit ensuite être exprimée en nombre d’objets.

Le point rouge repère le maximum : 52 centaines d’euros pour 6 dizaines d’objets.

Exemple résolu

Déterminer la production qui maximise B(x) = −2x² + 24x − 20 sur [0 ; 10].

  1. Étape 1 : Calcule B′(x) = −4x + 24 et résous B′(x) = 0 : x = 6.
  2. Étape 2 : La dérivée est positive avant 6 et négative après 6. B croît sur [0 ; 6] puis décroît sur [6 ; 10].
  3. Étape 3 : Calcule les valeurs utiles : B(0) = −20, B(6) = 52 et B(10) = 20.
  4. Étape 4 : Traduis les unités : 6 dizaines font 60 objets et 52 centaines d’euros font 5 200 euros.

Résultat : Dans ce modèle, fabriquer 60 objets maximise le bénéfice, qui atteint 5 200 euros.

Piège à éviter : B′(6) = 0 ne signifie pas que le bénéfice est nul : le bénéfice est B(6), pas B′(6).

À toi d'essayer

Une association fictive modélise son résultat par R(x) = −x² + 10x − 16 sur [0 ; 8]. Détermine son maximum et indique où il est atteint.

Voir la réponse

R′(x) = −2x + 10 s’annule en 5, est positive avant 5 et négative après. R croît puis décroît sur le domaine. R(5) = 9 : le maximum est 9, atteint pour x = 5. Les valeurs aux bornes sont R(0) = −16 et R(8) = 0.

Minimiser une combinaison avec l’inverse

Le coût moyen ne diminue pas toujours avec la quantité produite. Les frais fixes se répartissent sur davantage d’unités, mais d’autres dépenses peuvent augmenter : heures supplémentaires, pertes ou usage d’un équipement moins efficace. Un modèle simple peut donc additionner un terme décroissant en 1/x et un terme croissant en x. L’équilibre entre ces effets crée parfois un minimum.

Le minimum de ce modèle est 16 euros pour 6 lots ; produire davantage augmente ensuite le coût moyen.

Exemple résolu

Dans une situation fictive, le coût moyen est M(x) = x + 36/x + 4 euros par lot, pour x dans [2 ; 10]. Déterminer son minimum.

  1. Étape 1 : Le domaine exclut zéro. Dérive : M′(x) = 1 − 36/x² = (x² − 36)/x².
  2. Étape 2 : Le dénominateur est strictement positif. Le numérateur s’écrit (x − 6)(x + 6). Sur [2 ; 10], x + 6 est positif : le signe dépend de x − 6.
  3. Étape 3 : M décroît jusqu’à 6 puis croît. Les valeurs sont M(2) = 24, M(6) = 16 et M(10) = 17,6.

Résultat : Le coût moyen minimal est 16 euros par lot, pour 6 lots produits.

Piège à éviter : Ne multiplie pas une dérivée par x² sans expliquer que ce facteur est strictement positif et ne change donc pas son signe.

La valeur optimale est une propriété du modèle et de son domaine. Si l’atelier ne peut fabriquer que de 2 à 5 lots, le point 6 devient inaccessible : la fonction décroît sur tout le nouvel intervalle et le meilleur choix est 5 lots. Si la capacité passe à 10 lots, il ne faut pas choisir automatiquement la plus grande quantité. Revenir aux contraintes évite de transformer un résultat mathématique en conseil universel.

À toi d'essayer

Le modèle M(x) = x + 36/x + 4 est maintenant limité à l’intervalle [7 ; 10]. Sans refaire tous les calculs, trouve le minimum et explique pourquoi x = 6 ne convient plus.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Passer du modèle continu à une décision

Quand la variable compte des objets, l’optimum continu peut tomber entre deux entiers. Si les variations prouvent que la fonction monte puis descend autour de cet optimum, on compare les deux entiers voisins autorisés. On n’arrondit pas automatiquement à l’entier le plus proche : une fonction dissymétrique ne donne pas nécessairement le meilleur résultat par cet arrondi. Les variations justifient pourquoi les autres entiers peuvent être écartés.

Exemple résolu

Une petite production fictive a un résultat P(n) = −2n² + 18n − 7 euros pour un nombre entier n compris entre 1 et 8. Quels nombres d’objets maximisent ce résultat ?

  1. Étape 1 : Étends provisoirement la formule aux réels de [1 ; 8]. Sa dérivée est −4x + 18 ; l’optimum continu est 4,5.
  2. Étape 2 : La fonction croît jusqu’à 4,5 puis décroît. Parmi les entiers, seuls 4 et 5 peuvent maximiser le résultat.
  3. Étape 3 : Calcule P(4) = −32 + 72 − 7 = 33 et P(5) = −50 + 90 − 7 = 33.

Résultat : Les productions de 4 et de 5 objets donnent toutes deux le maximum entier de 33 euros.

Piège à éviter : Le maximum continu vaut 33,5 euros, mais il correspond à 4,5 objets : ce résultat ne constitue pas une production réalisable.

À toi d'essayer

Un responsable affirme : « La dérivée s’annule en 3, donc le bénéfice est maximal en 3. » Donne un modèle polynomial qui réfute cette conclusion et explique quelle information manque.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Au bac : rédiger une optimisation

  1. Précise ce qui est maximisé ou minimisé et indique le domaine avec les unités.
  2. Présente la dérivée, puis un raisonnement de signe lisible : factorisation ou expression affine.
  3. Relie chaque signe à une flèche de variation ; distingue l’abscisse optimale de la valeur atteinte.
  4. Traite les bornes et, si nécessaire, les valeurs entières voisines. Termine par une phrase contextualisée et une limite du modèle.

Faire le point

SituationConclusion
Dérivée positive puis négativeSommet local ; vérifier le domaine pour un maximum global.
Dérivée négative puis positiveCreux local ; comparer avec les bornes pertinentes.
Variable entièreComparer les voisins admissibles de l’optimum continu.

S’entraîner : le hub /exercices permet de poursuivre le travail.

À retenir

  • Le signe de la dérivée indique les variations de la fonction sur un intervalle.
  • Une dérivée nulle ne suffit pas à prouver un extremum.
  • Un extremum peut être atteint à une borne de l’intervalle.
  • Un optimum continu et un optimum entier peuvent être différents.

Fiche de révision

Question de départ

bénéfice, chiffre d’affaires ou coût moyen ? Fixe un seul critère.

Dérivation rapide

(ax³ + bx² + cx + d + e/x)′ = 3ax² + 2bx + c − e/x², pour x ≠ 0.

Le passage de + à − conduit à un sommet ; celui de − à + conduit à un creux.

Une quantité hors capacité est exclue, même si elle annule la dérivée.

Une réponse complète annonce quantité, valeur, unité et condition de validité.

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